Le reste, TV Addiction
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Altered Carbon

Critique d'ALTERED CARBON, série NETFLIX, par Sweet Judas

* N’oubliez pas : je spoile tout, partout et tout le temps.

Le temps, au delà du fait d’être assassin et d’emporter avec lui les rires des z’enfants, il passe surtout trop vite. L’année 2019 prend ses aises et moi, j’ai rien publié depuis novembre 2017, alors que mes brouillons s’entassent les uns sur les autres depuis la création de ce blog, au point que j’ai davantage d’ébauches pas terminées en stock (la critique de Jurassic World sera en ligne qu’on en sera déjà au reboot du remake de sa suite) que d’articles effectivement publiés. Alors imagine comme j’hallucine quand j’ai découvert (oui, j’ai commencé cette introduction au mois de février de l’année dernière, parfaitement) la pratique des bilans blogging de l’année où les gens s’expriment à coups de ohlala, c’est pas terrible, seulement 103 articles publiés pour 2017.

S E U L E M E N T  .  1 0 3  .  A R T I C L E S .

Seulement.

Eukay.

Ou alors, c'est l'organisation. Je sais pas trop.

On ne doit pas vivre sur la même planète.

Pour inaugurer donc cette nouvelle année 2018 2019 (en passant, meilleurs vœux hein), parlons d’une des dernières productions Netflix (j’ai l’impression de sortir ça à chaque nouvel article, presque c’est devenu standard)(d’autant plus faux qu’un paquet de nouveautés a débarqué dans l’intervalle, dont la désolante The Rain, et la scandaleusement navrante You) : ALTERED CARBON.

Composée de dix épisodes, elle est adaptée d’une série littéraire écrite par Richard Morgan, parue à l’aune des années 2000 et sobrement baptisée Carbone modifié en français (la traduction littérale, c’est le mal, on le dira jamais assez). Sur le papier, et aussi grâce aux campagnes promo’ invasives sur un fil d’actualité Facebook déjà saturé, ça m’avait tout l’air d’un projet séduisant, avec un visuel plutôt cool même si, on va pas se mentir, je suis pas trop difficile à hyper dès qu’il y a un peu d’explosions et des punchlines (ceux qui ont regardé The Meg pour les mêmes raisons, levez la main).

Bon, oké, le visuel en question était pas loin de la copie conforme de Blade Runner : l’univers dystopique, le style cyberpunk, l’expression cheloue de techno-thriller, les voitures volantes, les grandes villes sales et polluées et le personnage principal taciturne et renfermé, engoncé dans son vieux trench tout élimé. L’adaptation sur grand écran des aventures de Deckard ayant visiblement déjà tout inventé, on s’est pas non plus trop foulé niveau créativité, exception faite d’un sac à dos licorne rose parce que Deadpool est passé par là y’a deux ans et qu’apparemment, ça donne un côté irrévérencieux de piquer le cartable d’une élève de CP.

Il n’empêche que j’étais curieuse, rapport aux thèmes abordés, aux affiches présentant des corps humains enveloppés dans des sachets de congélation géants, au vide quasi-sidéral que je traversais niveau séries en ce début d’année (2018, donc) et aussi à cause de la présence de James Purefoy (nan, là je mens)(j’ai vu The Following en entier, aucune crédibilité artistique ne saurait résister à ça).

James Purefoy dans la série The Following

J’éviscère les infirmières et j’aime la poésie.

Alors non, on ne s’ennuie pas en regardant Altered Carbon et les tribulations de Takeshi Kovacs le héros multiface serbo-japonais, mais on s’éclate pas forcément non plus. C’est une série d’action (avec quand même des grosses plages de lenteur dedans)(c’est Netflix, on se refait pas hein) que vous… Oublierez sitôt visionnée, la faute à :

  • Des personnages mal dégrossis, voire caricaturaux (coucou Miriam, c’est de toi que je parle) et des motivations débiles (coucou Reileen) ou à peine approfondies (coucou tout le monde).
  • Des grosses ficelles dès qu’on sait plus trop comment terminer un épisode (ben oui, faut de quoi en remplir dix, quand même).
  • & un scénario fourre-tout avec un peu d’enquête, un peu de thriller, un peu de torture porn et puis un peu de dystopie qui fait semblant de dénoncer des trucs aussi, auquel t’es pas trop certain de tout piner avant au moins le cinquième épisode (parce que c’est Netflix, on a l’habitude bis).
  • Je sais, c’est dur, surtout quand on pense au budget qu’ils ont dû déployer pour tous ces kilomètres de néons fluos qui te lésionnent allègrement la rétine à chaque nouvelle scène.
Poe, l'intelligence artificielle gérant l'hôtel où s'installe Takeshi Kovacs dans la série ALTERED CARBON, sur Netflix.

Franchement, on dirait le plagiat générique d’American Gods.

De quoi ça parle, du coup ?

En 2384, outre les sempiternels véhicules volants couplés à un environnement dégueulasse et bétonné qui donne concrètement envie de se suicider, le corps humain est devenu une marchandise façon zéro déchet : maintenant réutilisable à l’infini ou presque, on peut en changer comme on referait sa garde-robe quand Zara sort sa collection automne-hiver. Il suffit pour cela de transférer sa conscience dans une nouvelle enveloppe ou sleeve (un nouveau corps, ayant appartenu à quelqu’un d’autre, de bien vivant et de bien unique, avant toi)(rien de creepy dans la démarche, pas du tout), fraîche et juvénile si tu en as les moyens financiers, vieille et fripée si tu es pauvre (et ça, même si tu n’as que six ans, en vrai).

Nick Offerman incarne Ron Swanson dans la série Parks and Recreation

I do not understand.

Pas d’panique, j’t’explique. « L’esprit » (mais qu’est-ce que l’esprit, finalement ?)(vous avez quatre heures) est stocké dans une pile corticale, une sorte de disquette au look de tumeur spongieuse, logée au creux des cervicales pour, grosso modo, numériser tout le monde comme des fichiers informatiques lambdas. Chacun ayant désormais une valeur équivalente à une clef USB 8 Go, ce qui est donc toujours parfaitement raisonnable et pas du tout malsain ni flippant quand on y réfléchit, on peut se re-télécharger ad vitam aeternam dans de nouveaux corps tout frais (Sky is the limit, comme dirait l’autre), tant que la pile en question n’est pas détruite. Là par contre end of ze game c’est la vraie mort de la vraie vie, comme pour Mufasa et la maman de Bambi.

A moins bien sûr que tu ne fasses partie des gens riches qui exportent chaque jour, dans le Cloud du futur, des sauvegardes d’eux-mêmes. Au cas où, genre on te taze dans la nuque juste avant le dernier épisode de Game of Thrones, ce serait quand même trop con de pas pouvoir ressusciter tout de suite pour enfin savoir comment Jon, Cersei et Daenerys passent de vie à trépas.

En un mot comme en cent, les êtres humains trouvent désormais ça cool de se dématérialiser : adieu la parano Black Mirror, bonjour le délire transhumaniste. Et les riches n’étant rien d’autres que des hyènes sans âme ni aucune notion de bon goût, les pauvres se la font profondément mettre à l’envers, pendant qu’une caste de privilégiés entretient farouchement sa situation, en devenant de plus en plus riches, de plus en plus vieux (mais dans des corps de jeunes, propres et fringants, la truffe au vent) et de plus en plus déconnectés du sens des réalités.

Voilà, ça, c'est une idée de progrès pour certains.

L’immortalité à portée de nuque.

Dans l’univers d’Altered Carbon, la Mort n’est donc plus une fatalité mais :
________1. Un droit à revendiquer pour les uns (citons en vrac un obscur groupuscule catholique qu’on entraperçoit l’espace de dix minutes, ainsi que la famille du lieutenant Kristin Ortega, qu’on voit un peu plus parce que sa maman fait des supers bons cookies et vient lui nettoyer son appart’ tous les jours) ;
________2. Une simple formalité pour les autres, du genre à peine aussi barbante que remplir une grille de sudoku.

Bref, niveau gros fuck dans la face de Mère Nature, ça se pose là.

Et c’est parti pour le spoil

Après une scène de fusillade en ouverture parce qu’il faut bien happer le chaland venu pour la baston, vient l’heure de découvrir le personnage principal (si, rappelez-vous, le détective grognon dans un trench tout moisi avec son sac à dos licorne), Takeshi Kovacs, alors qu’il se réveille doucement d’un coma de trois cents ans (ce qui n’a pas l’air de le perturber des masses) dans un corps de mercenaire serbo-croate gonflé à l’hélium qui n’est pas le sien (ça, ça le perturbe un peu plus, en revanche).

Son enveloppe précédente de mercenaire japonais (soit une grosse masse payée pour éclater ceux qui l’ouvrent un peu trop) n’est effectivement plus trop utilisable du fait de la fusillade précédemment citée (à 12 contre 1, en même temps hein…). Mais, tandis que la pile corticale de sa copine aux cheveux gras est soigneusement grillée au tazer (une vraie mort de la vraie vie, donc), celle de Takeshi, restée intacte vu qu’on préfère lui trouer l’abdomen à bout portant, est soigneusement conservée et foutue au stockage pendant quasiment 250 ans (pourquoi lui et pas elle ? on sait pas).

Déjà qu’il était pas né sur Terre à la base, son retour à la vie s’effectue donc 1) dans une prison, 2) sur la Terre, une planète qu’il ne connaît pas, 3) dans une époque qui n’est plus la sienne depuis longtemps (syndrome Captain America incoming) et 4) dans un corps fraîchement dépossédé de son véritable propriétaire. Paie ton traumatisme au réveil.

Après avoir réussi à démolir trois figurants (et pris une douche)(je sais pas vous, mais cette gelée blanchâtre m’a filé un peu la gerbe), on lui apprend qu’ici c’est Paris Alcatraz, et qu’il est désormais le nouveau jouet de Sir Laurens Bancroft, un milliardaire capricieux qui a visiblement payé très cher le droit de le ramener parmi les vivants, même si c’est pas dans la bonne enveloppe. Voilà, allez bon réveil et bonne vie lol.

Pendant que Kovacs digère lentement l’information (ou fait la gueule)(ou les deux, je t’avoue que pendant dix épisodes, on sait pas trop trop), entre en scène Kristin Ortega, une minuscule policière à qui on a jugé bon de faire dire des cabrón à chaque fois qu’elle ouvre la bouche (et dieu sait qu’elle parle souvent), des fois qu’on risquerait d’oublier ses origines hispaniques entre deux scènes. Outre le fait qu’elle fronce beaucoup trop les sourcils pour montrer qu’elle est minuscule mais que faudrait voir à pas trop la faire chier non plus (syndrome Will Poulter), Kristin est donc le premier contact de notre héros avec l’extérieur. En terme de comité d’accueil, c’est pas la panacée mais au moins, ça permet de récolter deux-trois informations, histoire de faire un p’tit update sur les 250 ans qui viennent de s’écouler.

Si on résume rapidement, les pauvres sont encore plus pauvres, les riches sont encore plus riches, et on attend gentiment que la planète explose. Tombant nez à nez avec des manifestants qui manquent de le lyncher en place publique, Kovacs découvre l’existence d’une certaine Résolution Pushing Daisies 653 que veulent adopter les Nations Unies et contre laquelle les néo-catholiques protestent violemment, à l’aide d’un maquillage inspiré de la Fête des Morts (parce que visiblement, la culture mexicaine est une super excuse pour avoir l’air cool quand on fait la revolución)(#BornThisWay).

Mais qu’est-ce donc que cette résolution ? vous demandez-vous certainement. Et bien c’est un texte de loi qui permettrait à la police de ré-envelopper (ranimer serait un terme plus juste) les victimes de meurtre dans un nouveau corps (virtuel) afin qu’ils puissent identifier leur meurtrier… Et qui rendrait le procédé obligatoire pour tout le monde, y compris pour les catholiques convertis.

En effet, aux yeux de l’archidiocèse, ces histoires de piles, d’enveloppes et d’injection à l’infini, c’est mal et c’est un aller simple pour l’Enfer parce qu’on n’a qu’un seul corps et qu’une seule âme d’abord, y’a qu’à voir ce que ça a donné avec Voldemort et ses Horcruxes hein pour ceux qui seraient pas encore convaincus. On naît, on vit, on meurt dans le packaging d’origine, et si jamais on se fait assassiner et ben on meurt dedans aussi, adios la conscience, c’est comme ça et puis c’est tout, merci au revoir.

Du coup, les catholiques pratiquants ont trouvé une parade pour conserver leur ticket d’entrée au paradis : pirater (oui, tu peux coder ta conscience)(cépaflippandutou) leurs piles corticales pour qu’elles soient impossibles à réutiliser en cas de décès de leurs propriétaires légitimes (y’a aussi la solution de pas se coller de piles dans la nuque mais ça n’a a pas l’air d’avoir percuté grand monde). Et ça, ça embête un peu le lieutenant Ortega qui peut pas ranimer tranquillement ses victimes de meurtre le temps d’un interrogatoire.

Bon, c’est de l’interrogatoire virtuel, dans un « construct » (on télécharge simplement la pile au sein d’une modélisation 3D pour papoter)(ou couper des bouts de jambe à la tronçonneuse), les morts (pauvres) restent morts-morts, mais on arrête les méchants plus vite et ça fait des belles statistiques pour le Powerpoint de fin d’année. Voilà. J’espère que ça vous suffit parce que c’est à peu près à ça que se limite l’argumentation générale du truc sur l’ensemble de la saison.

Altered Carbon ~ Les fameuses piles pour pouvoir ressusciter dans un nouveau corps

Cette image est inutile, j’avais simplement besoin d’aérer le texte.

Une fois arrivés chez son nouveau propriétaire employeur, Kovacs percute enfin que Kristin est lieutenant et ne lui a servi de chauffeur que dans le seul et unique but de l’interroger, dans le cadre du stalkage intensif qu’elle exerce à l’égard de la clique des Bancroft (je vous ai dit qu’elle était un peu du genre obsessionnelle ?). Ouh la vilaine c’est pas beau de mentir, d’autant plus que Takeshi apprécie moyen de se faire prendre pour un con, surtout par une petite brune caractérielle qui le traite de terroriste de compagnie alors tu vas t’calmer tout d’suite cousine, j’te rappelle que j’étais dans le coma y’a encore deux heures.

Mais Kristin ne l’écoute déjà plus, les capteurs à bullshit planqués dans ses sourcils ont repéré à dix bornes l’arrivée de Miriam Bancroft (que j’appellerai désormais Mireille parce que ça colle beaucoup mieux avec son mauvais goût vestimentaire) et de son fils, Isaac. Ce dernier était censé être le chauffeur de notre bon copain Tak’ mais il a préféré se prendre une grosse murge, décuver au commissariat et se faire reconduire chez Papa & Maman par la police, tel un enfant de douze ans qui aurait fait une bêtise. Ce qui est déjà super humiliant à la base, mais je t’explique pas le level de gêne quand t’as dépassé les 150 ans et qu’il y a 18 témoins autour.

Après avoir envoyé Isaac bouder dans sa chambre, Mireille escorte (ENFIN) notre ressuscité jusqu’au bureau de son époux, en essayant très fort d’avoir l’air cultivée, mystérieuse et impénétrable en même temps. Laurens Bancroft, histoire lui aussi d’avoir l’air cultivé, mystérieux et impénétrable en même temps, l’accueille en robe de chambre matelassée aux beaux reflets mordorés, au milieu de ses rayonnages de bibliothèque parce que voyez-vous M. Kovacs, malgré ma fortune indécente et mes 350 printemps, j’apprécie toujours les petites choses simples de la vie comme d’avoir encore des vrais livres en vrai papier pour pouvoir feuilleter les pages toussa toussa.

James Purefoy incarne Laurens Bancroft dans Altered Carbon, Netflix

L’élégance.

Etant donné qu’à ce stade, le spectateur est aussi pommé et saoulé que Takeshi de ne rien piner à ce qu’il se passe, c’est l’occasion d’un monologue brancroftien pour caler un peu le contexte général. Laurens s’est arrogé les services de Kovacs parce qu’il fût un temps où ce dernier appartenait aux rangs des Envoys/Diplos (les scénaristes, contrairement aux romans, ont pas l’air d’avoir voulu trancher entre les deux, comme c’est pratique), une troupe de rebelles menée par Quellcrist Falconer. A l’époque où on prenait encore des notes manuscrites dans des carnets, cette dernière combattait l’avènement de la caste des Mathusalems (les Bancroft et tous leurs copains riches qui s’habillent uniquement en soie dorée)(#mauvaisgoût) et l’usage de plus en plus controversé qu’ils faisaient des piles corticales (la monétisation de l’immortalité, toussa)… Piles corticales qu’elle avait elle-même inventées. L’ironie.

Comme on se doute que Bancroft est pas humaniste pour deux ronds, tout le mystère est donc de savoir pourquoi avoir dépensé autant de billets verts pour sortir du stockage le dernier de tous les Diplos disponibles dans l’univers. Parce qu’il peut ? Aloreuh oui, déjà parce qu’il peut. Mais aussi parce qu’il a besoin d’un enquêteur de l’extrême, capable de réussir là où la police (coucou Ortega) a échoué lamentablement, à savoir trouver l’individu qui lui a fait exploser la cervelle et grillé la pile au cours de la semaine passée parce que :
Il est strictement impossible de conclure à un suicide, je m’aime beaucoup trop pour ça.
Non mais déjà je comprends pas que vous soyez encore là avec une pile grillée.
Ah oui, c’est vrai que vous avez pas connu le cloud, vous. Ben c’est simple : toutes les 48h, mon satellite privé que vous pouvez apercevoir là grâce à mon télescope tout aussi privé opère une sauvegarde TDH privée de ma pile corticale privée et en cas d’assassinat, pouf! On sort une enveloppe toute neuve de ma crypte perso privée, on me télécharge dedans et je reprends au dernier checkpoint de ma vie comme si de rien n’était.
Ah.
Donc j’ai aucun intérêt à me suicider, vous voyez bien.
Ah.
Surtout que l’arme du crime ne peut être activée que par Mireille et moi grâce à un système de reconnaissance ADN, et je vous parle même pas du coffre dans lequel je l’enferme dont nous sommes les seuls à connaître le code.
Ah.
Je vous vois venir avec vos onomatopées M. Kovacs, mais non, Mireille est au-dessus de tout soupçon.
Ah.
Ce qui est embêtant, c’est qu’on m’a tué dix minutes avant ma dernière sauvegarde. Donc j’ai un trou noir de 48h qu’il faut que vous m’aidiez à remplir, histoire de mettre le nez dans son caca au lieutenant Ortega. J’vous donnerai plein de sous en échange, vous serez gracié de votre passé criminel par le président du Protectorat HIMSELF avec en prime Beyonce qui chantera pour la cérémonie et vous serez libre et gai comme un pinson.
– Ah.
– Si vous refusez, retour au stockage manu militari et bonne chance pour qu’un autre pécore que moi vous en sorte.
– Et comment ça se passe si j’en ai rien à foutre ?

Takeshi Kovacs ~ Pour tout le reste, il y a Mastercard

« Pour tout le reste, il y a Mastercard. »

Laurens, qui a visiblement perdu l’habitude qu’on lui dise non depuis que son compte en banque aligne les zéros avant la virgule, tente une négociation de dernière minute à base de crédit illimité et d’une soirée de tous les possibles avant d’obtenir réponse définitive le lendemain. Pendant ce temps, back on Earth avec les gens pauvres, Ortega mène ses propres recherches pour découvrir le passif de Kovacs et les multiples talents dont étaient doués les Diplos/Envoys avant que leur rébellion ne se fasse atomiser par le Protectorat il y a plus de deux cent ans.

Et bien que les forces armées du Protectorat soient balaises, à côté des Diplos, elles passent clairement pour des Playmobils en goguette (c’est à se demander comment les rebelles ont perdu)(ça sent pas du tout la traîtrise qui va servir de twist, tiens)(ah bah j’avais prévenu que je spoilais hein). Soldats de l’extrême par définition (un mélange entre la légion étrangère, le GIGN, le KGB et un peu de Frank Abagnale Jr. dedans), les Diplos subissaient un entraînement intensif tant sur le plan mental que physique (dans la série, on te parle carrément de reconfiguration de schémas mentaux, attention les yeux), dirigé par Quellcrist Falconer elle-même, pour en faire des machines à tuer (mais pas trop non plus)(parce que les méchants, c’est les autres)(on fait dans le manichéen, je vous rappelle) opérationnelles n’importe où, n’importe quand et pour n’importe quoi.

Altered Carbon ~ Le Protectorat et leurs armures badass

Les soldats du Protectorat & leurs armures pour figurants badass.

Bref, on façonne des enquêteurs hors pairs en forme de caméléons humains, capables de changer d’enveloppe comme on change de chemise (et sans avoir la gerbe pendant trois semaines), d’apprendre un dialecte inconnu en dix minutes et d’assimiler tous les usages et coutumes locaux des autochtones rencontrés sans forcer (oui, c’est crédible, c’est fait exprès). Ils peuvent aussi voir et sentir des trucs à travers des murs en béton de 40cm de large (c’est le pouvoir de l’intuition reconditionnée, tu peux pas test’)(trop balayyyz les mecs), avec une mémoire eidétique que Sheldon Cooper jalouserait à coup sûr.

Citons également leur capacité à contrôler leurs émotions, tant sur le plan psychologique que physiologique, ce qui leur permet de réprimer ce qu’ils souhaitent quand ils le veulent pour switcher automatiquement sur la réaction la plus adaptée à la situation et donc manipuler n’importe qui dans le plus grand des calmes. Littéralement broyés de l’intérieur, toutes leurs barrières en termes de violence et de moralité sont balayées. Immersion et absorption totale de leur environnement, telles des éponges géantes, les Diplos n’avaient donc aucun scrupule à s’entourer de péons de confiance, quitte à les sacrifier en cas de besoin parce que bon, la mission, l’humanité, Quellcrist et sa culpabilité, on n’a pas l’temps, toussa toussa.

Niveau level d’extermination, on n’avait rien inventé
de plus efficace depuis le Roundup et le Baygon.

Altered Carbon - Quellcrist Falconer, leader des Diplos et de l'insurrection

Envoys take what they need (& they don’t bother, comme dirait Jadis) parce que hého c’est eux les gentils d’abord, donc ils ont une excuse.

Horrifiée par ce qu’elle lit (et on la comprend), Ortega en profite pour ponctuer chacune de ses phrases d’un délicat PUTA MADRE, des fois qu’on oublierait qu’elle soit d’origine hispanique vu que ça fait quand même dix minutes qu’on l’a pas vue à l’écran, et jure de ne pas lâcher les basques de Kovacs, même si elle doit plus jamais dormir ni manger les cookies de sa maman. C’est quand son collègue lui demande pour la 217e fois de l’épisode si ça vire pas un peu à l’obsession tout ça que tu devines déjà le twist de l’épisode cinq : on a tout simplement offert à Kovacs l’enveloppe d’Elias Ryker, ex-petit ami (et collègue policier) de notre Kristin nationale. C’est tellement machiavélique, j’entends presque Laurens ricaner dans sa barbe tout en caressant un persan.

Back on Earth au milieu des gens pauvres, Kovacs cherche un endroit où passer la nuit et jette son dévolu sur l’hôtel Raven, géré par Poe, une intelligence artificielle qui n’a pas eu de clients depuis 50 ans (sacré business plan), rapport que les gens fuient les IA parce qu’elles s’immisceraient un peu trop dans l’esprit de leur client coucou Facebook et que c’est carrément intrusif sur le principe, comme une girlfriend trop possessive qu’on te dit. Lole. Prenons une minute pour savourer l’ironie du propos, étant donné que la numérisation & sauvegarde des consciences dans des disquettes n’a l’air de poser de souci à personne (enfin si, aux catholiques)(mais on a dit qu’on s’en foutait).

Mais bref. Pour faire passer plus vite les 24h de délai que Bancroft lui a accordé avec CB illimitée, Kovacs prévoit de boire (beaucoup), de s’injecter l’équivalent d’un jéroboam de drogues dures dans le sang et de libérer toutes ces hormones qui bouillonnent en lui depuis 250 ans avant de retourner au stockage parce que bon, il a jamais demandé à en sortir d’abord et puis cette société c’est de la merde, fuck le système.

Première soirée pour Takeshi Kovacs dans sa nouvelle enveloppe, ALTERED CARBON, sur Netflix

Don’t do drugs, kids.

Sauf que dans la vie, on fait pas toujours ce qu’on veut. Voilà donc qu’un groupe de gros bras armés jusqu’aux dents débarque à son hôtel miteux… Sans qu’on sache vraiment s’ils en veulent au Takeshi réenveloppé ou à l’enveloppe qui contient Takeshi (ça va, vous suivez toujours ?). Dans un cas comme dans l’autre, ça sent mauvais parce que oké, c’est un ancien Diplo mais sans armes et seul contre 18 personnes, faut pas être une lumière pour deviner l’issue de l’affrontement. Heureusement, Poe est là pour niquer des mères grâce à deux sulfateuses planquées dans les murs du hall d’entrée. Et comme ça fait un demi-siècle qu’il attend son premier client, c’était vraiment, vraiment pas le bon jour pour venir le faire chier.

Jamais loin, Ortega déboule tout sourcils froncés dehors moins de dix minutes après le massacre et identifie le leader immédiatement : Dimitri Kadmin, un tueur à gages venu tout droit de Vladivostok (c’est très précis), tellement parano qu’il s’achète des corps de rechange sur le marché noir pour disposer en permanence d’au moins deux versions de lui même dans la nature. On appelle ça du double~sleeving, c’est interdit et c’est puni d’une vraie mort de la vraie vie.

Dans le plus grand des calmes, Kovacs allume alors ses neurones de super-enquêteur et déclare à une Ortega au bord de l’apoplexie que si on lui a collé ce psychopathe au cul, c’est qu’on veut le faire taire. Et si on veut le faire taire, c’est qu’on veut pas qu’il découvre des trucs. Et si on on veut pas qu’il découvre des trucs, c’est que ces trucs ont un lien avec l’affaire Bancroft. Et si ça a un lien avec l’affaire Bancroft, c’est ptêtre que Kristin a pas fait son boulot. Ce qui la vexe comme un pou parce que bon, d’accord, t’es un ancien Diplo mais là tu marches sur mes plates bandes alors mesure tes propos face de nem.

Takeshi Kovacs en a marre d'avoir toujours raison, ALTERED CARBON

Bordel mais comme j’en ai marre d’avoir toujours raison.

Le premier épisode se conclue donc sur Takeshi qui, dans la solitude de sa chambre d’hôtel où il a enfin pu monter après une journée quand même très longue, entame une tout aussi longue et très saine discussion avec les fantômes de sa petite soeur Reileen et de son ancienne mentor, Quell (ouais, à Bay City, quand on hallucine, on fait pas semblant). J’ai pas tout retenu de leurs dialogues pleins de sous-entendus et de mots murmurés pour avoir l’air mystérieux, mais Kovacs décide finalement d’accepter le deal de Laurens Bancroft (les sous, la grâce présidentielle du Protectorat, toussa toussa).

Après son discours matinal en mode j’enairanafout’derien, ce revirement semble un peu beaucoup carrément sortir de nul part, même avec ses références obscures à une mission qu’il doit accomplir pour sauver son âme d’une damnation éternelle rapport au fait qu’il a tué plein de gens dans sa vie d’avant juste pour se payer des tacos. Mais bon, en même temps s’il avait dit non, Altered Carbon n’aurait compté qu’un seul épisode et j’aurais eu vachement moins de trucs sur lesquels pinailler pour la beauté du lol.

Les personnages : du moyen et du très mauvais

°
Takeshi Kovacs, ce grand blasé de la vie (on sait pas trop laquelle par contre)

#BASTON

Takeshi Kovacs, version #1.

Avant d’atterrir dans la peau d’un culturiste slovène, Kovacs a amplement eu le temps de rouler sa bosse à travers la galaxie pour en revenir convaincu que l’Homme est un être vil, cruel et cupide. Cela dit, il était déjà un peu prédisposé à de la misanthropie sans nuances, ayant occupé 85% de sa jeunesse à boucher les oreilles de sa petite sœur pour lui épargner d’entendre Papa éclater Maman contre le mur du salon.

Au travers de petites réflexions et pensées diverses menées en voix off au début, au milieu, à la fin ou un peu n’importe quand pendant un épisode en fait, on essaie de nous le faire passer pour un philosophe aigri et désabusé, version appauvrie d’un Rust Cohle de l’espace qui en aurait décidément trop vu (et trop fait aussi hein).

Pour ne rien vous cacher, les saillies verbeuses de Takeshi sont quand même pas loin de la profondeur d’une citation Facebook en Comic sans MS sur fond étoilé. Difficile en effet de ne pas réprimer un petit ricanement quand tu l’entends réciter dans le plus grand des calmes : « Ressusciter n’est pas toujours facile » comme si on assistait à la réincarnation de Jésus.

En fait non, on assiste simplement au réveil du mercenaire dans le corps muti-protéiné d’Elias Ryker, un flic un peu ripou sur les bords (mais en fait non, pas trop quand même parce que je vous rappelle que c’était l’amoureux d’Ortega avant qu’on le foute au congèl’ et qu’ici on fait dans le manichéen d’accord) qui a l’air de s’être mis à dos absolument TOUS les criminels du coin. Visiblement, Laurens Bancroft s’est pas dit que ca allait un peu poser des problèmes pour circuler et poser des questions relativement à son assassinat… L’important, c’est surtout de faire chier Ortega, finalement.

Laurens Bancroft et Takeshi Kovacs font connaissance dans Altered Carbon sur Netflix.

Oui, l’enjeu principal de la série c’est la susceptibilité de Laurens, en fait.

Les Bancroft et leur mauvais goût criant

James Purefoy a tellement la possibilité d’être bon que ça me choque de le voir se vautrer davantage à chaque nouvelle prestation (oui, la dernière fois, c’était dans The Following et on se rappelle tous à quel point c’était pas brillant). Je ne sais pas à quel moment dans sa vie il s’est persuadé que jouer le mec mystérieux et inatteignable consistait à froncer les sourcils, croiser les mains dans le dos et moduler sa respiration pour donner la sensation de souffler ses répliques plutôt que de les articuler mais c’est juste SUPER RELOU.

#Élégance Bis.

« Laurens, fais quelque chose tu vois bien qu’on a l’air de deux débiles, là. »

C’est avec sa femme Mireille (incarnée par Kristin Lehman) que l’on découvre la possibilité d’upgrader ses enveloppes corporelles (sleeves en VO). C’est vrai que le transfert de conscience via disque dur, l’immortalité garantie et les cryptes dédiées aux multiples copies de son enveloppe originale n’étaient pas assez choquants, fallait bien ajouter l’option Phéromones parfum GHB pour pouvoir violer sans résistance le dernier Diplo de tous les Diplos dès que l’envie nous en prend. Merci Mireille.

La clique Bancroft compte également parmi ses employés meubles une avocate, Oumou Prescott, qui leur dédie tout son temps et toute son énergie. Née parmi la plèbe et les bouseux, Oumou se bat très très fort pour passer de l’autre côté de la barrière et intégrer l’élite des Maths… En exécutant donc leurs quatre volontés parce que la dignité et l’estime de soi, c’est bien gentil mais à un moment dans la vie, faut faire des choix.

Est-ce qu’on prend cinq minutes pour parler des 137 héritiers Bancroftiens dont l’un conserve DANS SON SALON une copie du corps DE SON PÈRE et l’autre utilise clandestinement un des 325 clones DE SA MÈRE pour coucher avec n’importe qui  ? Non ? Vous en avez assez lu et pensez qu’il serait urgent qu’on brûle tous ces gens au napalm ?

Ah bah j'avais prévenu que j'aimais bien les explosions hein.

Je suis bien d’accord avec vous.

Reileen & M. Leung (son bras droit joufflu) : la mégalomanie pour consolation

Et elle t'annonce ça OKLM.

« Tu sais Tak, j’ai regardé Misery une fois par jour pendant que t’étais désactivé dans ta barquette Findus. »

Alors là, accrochez-vous au pinceau j’enlève l’échelle, la grande méchante qui chapeaute tout depuis son antre du Mal depuis le début n’est autre que… Reileen, la petite sœur de Takeshi, celle-là même dont il bouchait les oreilles quand Papa avait décidé de repeindre le mur de la cuisine avec le sang de Maman.  Oui d’accord mais le rapport avec tout le reste, genre l’assassinat de Laurens, vous allez me dire ?

C’est une excellente question, à base d’amour fraternel éternel (qui frôle gentiment l’inceste, quand même) et d’un plan de vengeance fomenté sur trois cents ans, pendant que Takeshi était désactivé dans son sachet de congélation. Les Bancroft ne sont rien d’autres que les dindons de la farce, uniquement destinés à pipeauter auprès des responsables en  place pour qu’on réveille le dernier Diplo de tous les Diplos. Reileen, c’est trop la mastermind ultime qui peut anticiper pépouze TOUS les événements à venir, y compris amener quelqu’un à se planter une balle dans le crâne tavu.

Pouvait on réellement imaginer une antagoniste moins crédible et plus cliché ? Non, je n’pense pas. Est-ce qu’on pouvait la rendre plus ridicule qu’elle ne l’est déjà en lui ajoutant un homme de main dont le physique joufflu s’apparente à celui d’un enfant neurasthénique de six ans ? Oui, c’était possible. Est-ce ce petit d’homme perfore des artères à l’aide d’un presse-agrumes manuels tout en récitant des textes religieux pour avoir l’air mystique et impitoyable ? Evidemment.

Takeshi Kovacs rencontre M. Leung, l'homme de main de Reileen, sa sœur, dans la série ALTERED CARBON sur Netflix.

Je ne me suis toujours pas remise de cette face joufflue et de cette moustache ridicule.

Kristin Ortega : cabron, punchlines et bras bionique

Parce qu’il est d’usage dans les thrillers et enquêtes policières de céder au cliché à la tentation du duo disparate, qui se déteste au début puis qui finit par s’aimer beaucoup à la fin, Kristin est donc présentée comme le parfait opposé de Takeshi : elle est minuscule, bavarde, nerveuse, sanguine et entourée d’une famille aimante, autant qu’il est baraqué, amorphe, indifférent, solitaire, monosyllabique et visiblement hanté par un passé très sombre (ses parents, sa sœur, le réveil trois siècles après que tous les gens que t’as connu et aimé soient morts, toussa). Est-ce qu’elle a réellement une autre utilité sur les dix épisodes ? Non, pas vraiment.

A l'époque où Ortega souriait avant de froncer les sourcils pour l'éternité.

Kristin Ortega et Elias Ryker, avant que Takeshi soit réactivé dans le corps de… Ryker.

Alors du coup, pourquoi c’est bien mais pas trop non plus ?

(Je sais, c’est du titre qui claque.)

La science fiction et les dystopies étant en vogue depuis quelques années (allô le syndrôme Black Mirror), Netflix s’est dit que ce serait plutôt cool d’avoir son propre Westworld, quitte à s’asseoir grossièrement sur les dimensions philosophique et éthique (pourtant sacrément badantes) que le traitement de tels genres entraîne forcément. J’aurais pu terminer avec une conclusion pleine de mauvaise foi en comparant le tout avec Blade Runner mais :

  1. Je crois que je l’ai déjà à moitié fait en introduction et j’ai la flemme de remonter vérifier, donc je vais me répéter et vous allez faire semblant de rien parce que vous êtes bien élevés.
  2. Ce serait de toute manière une aberration parce que Netflix a beau avoir mis le paquet sur le visuel et l’ambiance, tout ou presque a visiblement été crée y’a trente ans : rien de révolutionnaire ou de spécialement novateur à l’écran. L’imagination, c’est pour les faibles.
  3. L’overdosage d’action et de torture porn gratuit n’est pas suffisant pour masquer la faiblesse des réflexions conduites en toile de fond. La définition de “l’essence” d’un être humain, la dissociation du corps et de l’esprit, les dérives du transhumanisme (coucou Google)… Sur le papier, ca fait bien, c’est classe, c’est intello, mais de là à approfondir la chose, faudrait voir à pas pousser non plus.

Comme d’habitude, je suis victime de bandes annonces chiadées me faisant espérer autre chose qu’un divertissement bourrin privilégiant la forme au fond, sauf que… Bah heu, non en fait. C’est effectivement un divertissement bourrin mais qui, au lieu de l’assumer pleinement, préfère se prendre biiiiien au sérieux, histoire que tu termines chaque épisode en te sentant floué mais pas trop non plus, histoire de te faire enchaîner le suivant dans la minute (le binge watching, ce fléau).

Bref, Altered Carbon, c’est une belle enveloppe (#lol) de fiction d’anticipation mais sacrément creuse, en partie à cause d’un manichéisme bête et méchant (et je vous parle même pas de subtilité). Les thématiques morales, éthiques & philosophiques soulevées par le scénario servent plus de prétexte qu’autre chose et ne sont jamais réellement abordées, encore moins développées, quand c’est pas pour être carrément abandonnées entre deux scènes (ci-gît le respect, merci Netflix). C’est pourtant pas faute d’avoir eu entre les mains tout ce qu’il fallait pour bosser… :

  • Est-ce qu’il est possible de définir l’essence de l’humanité ?
  • Peut-on dissocier le corps de l’esprit sans se poser de questions ni faire de comparaison gênante avec les délires de grandeur de Voldemort ?
  • Comment se transformerait notre rapport au temps, aux autres et à l’argent si on n’avait plus de date de péremption ?
  • … Sauf que non.

Parce que réfléchir cinq minutes, c’est bien.
Mais découper des jambes en virtuel, c’est mieux.
°


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6 commentaires

  1. ça partait effectivement d’une bonne idée, assez originale et puissante mais la série se perd rapidement en complexifiant l’intrigue avec un montage fait à la truelle et il fallait bien ça pour rattraper le cliché des personnages. Mais du coup ça ne tient plus debout. J’ai beaucoup aimé cet univers même s’il est vrai qu’il rappelle… euh non ! Qu’il pompe celui de « Blade Runner ».
    J’ai le premier tome chez moi mais pas encore lu. La série m’incite à y jeter un coup d’oeil… quelque part entre aujourd’hui et le bout du chemin.

  2. « Les thématiques morales, éthiques & philosophiques soulevées par le scénario servent plus de prétexte qu’autre chose et ne sont jamais réellement abordées, encore moins développées » : parfait résumé de la série qui s’applique un peu aussi au roman dans une certaine mesure. Je nuance car le roman négocie beaucoup mieux sa fin qui n’a pas grand chose à voir avec la série Netflix au final (heureusement).

    Bon retour, hâte de continuer à te lire !

  3. Un texte toujours aussi drôle pour un retour réussi ! 😉 Je n’ai pas vu Altered Carbon et ça ne me fait pas du tout envie. Du coup, pour ne pas être trop hors-sujet, je dirai trois choses :
    1. You est effectivement scandaleusement navrante. Je n’ai vu que le pilote mais c’était déjà bien assez de souffrance pour une année entière.
    2. Ça existe vraiment les gens qui publient plus de 100 articles par an ?
    3. Longue vie à Ron Swanson !

    Ce fut un plaisir de te lire à nouveau. Ne te décourage pas face à ta montagne de brouillons, on passe tous par là ! A très bientôt j’espère ! 🙂

  4. Cool cette nouvelle note. Je suis très circonspect par rapport à cette série. J’ai trouvé l’acteur principal nul, un Dolph Lundgren du pauvre.. l’histoire est vu et revu.. je n’y ai pas compris grand chose ^^ au final, j’ai abandonné découragé par le jeu ou plutôt l’absence de jeu de l’acteur principal. Quand je pense aux millions dépensés pour un tel résultat. Un plaisir de te lire à nouveau 🙂

  5. Ah !! Bon retour par ici et merci pour cette review dantesque ! Tu confirmes qu’il est bon de se méfier en permanence des productions Netflix – je trouve que ça mise souvent beaucoup sur l’apparence (bien clinquante, avec des bandes annonces aguicheuses) et assez peu sur le scénario – donc tu ne fais que confirmer cet état de fait 😉
    J’ai personnellement la chance d’avoir un conjoint aux goûts assez sûrs, qui m’a résumé la série par un très sobre et concis « Nul », après le visionnage de 2 épisodes – mais merci à toi d’avoir un peu plus développé le propos !
    Passe une bonne journée !

  6. Bon retour a tes publications, ça m’avait manqué ! ^^ J’ai lu que jusqu’à la moitié, vu que j’ai pas encore vu la série et que j’ai pas envie de me faire trop spoiler (ce qui a déjà été un peu fait ces derniers mois, depuis le temps que la série est sortie !) ! 😉 Mais, tu me redonne encore plus envie de m’y mettre ! 🙂

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